Historique              

 

    Philippe Desjardins est le fondateur de cette école. Il était un homme extraordinaire. Plusieurs personnes lui donnaient le crédit pour la fondation du Club Alouette-Laval, la paroisse Saint-Philippe et l’école Saint-Philippe mais Philippe Desjardins refusait d’en assumer l’honneur. Il disait : « Ce sont les membres qui font la force d’une organisation. Le crédit de ces accomplissements ne relève pas d’une personne ni d’un conseil, mais de plusieurs personnes, depuis plusieurs années. »

    Dès son arrivée en 1948, Philippe Desjardins devient un des défenseurs des droits des francophones de Burlington. Pour lui, c’était la lutte d’un peuple et d’une communauté pour maintenir et approfondir le français et sa foi dans un milieu anglophone qui étaient importants.

    En 1963, le Club Alouette-Laval est fondé. Le but du club est d’établir une école francophone dans la ville. Grâce à Philippe Desjardins et le Père Simard, l’église Saint-Philippe est inaugurée le 17 novembre 1968.

    Depuis 1962, les francophones essayaient d’obtenir une école française. Un comité d’éducation est fondé et Philippe Desjardins est le président. L’ouverture de l’école française se fera à Burlington le 2 septembre 1969, mais ce ne sera qu’une section française dans une école anglophone. Il y avait 73 élèves.

    Les classes occupent trois locaux au premier étage dont le jardin enseigné par Mme Dolorès Trudel, la 1re et 2e années par Mme MacIntryre et la 3e et 4e années par Mme Thérèse Desjardins. En 1973, il y avait 176 élèves du jardin à la 7e année.

    Le 20 mars 1973, le comité d’éducation fait une demande officielle au Halton Roman Catholic District School Board pour obtenir sa propre école. La demande est refusée. Une cinquantaine de parents marchent à Queen’s Park afin d’exposer le problème aux autorités du Ministère de l’éducation à Toronto. La marche porte fruit. En mai 1974, Thérèse Desjardins devient la directrice de l’école Saint-Philippe. La culture française l’a atteinte jusqu’au plus profond d’elle-même. Par son exemple, elle communique aux petits Canadiens-Français sous sa direction, une culture française vivante. En septembre 1974, après des années de luttes et de persévérance, l’école autonome Saint-Philippe ouvre ses portes. Malheureusement, Philippe Desjardins ne voit jamais son rêve se réaliser. Il meurt subitement en pleine action comme un soldat sur le champ de bataille, le 16 mars 1974.

Plusieurs autres personnes ont contribué à la fondation de l’école Saint-Philippe : Lina Desjardins, André Paquin, Ryan Paquette, Roger Desrochers, Marcel Lambert, Georges Daoust et René Martel.

Je termine avec la citation suivante de Philippe Desjardins :

« Dans un milieu anglophone où le pourcentage d’assimilation est très élevé, il importe davantage à chacun de nous de prendre les démarches nécessaires afin de conserver l’héritage français religieux et culturel que nous ont légué nos ancêtres. »

 

 

 

 

Burlington, Ontario, le 17 mars 2003